Le projet Sorocity, un nouveau lieu d’échanges inter-culturels à Ixelles

Ce projet artistique et sociétal de Cultures & Publics entend lutter contre les discriminations faites aux femmes artistes par la pratique artistique en commun et par les rencontres avec les publics.

A l’origine du projet, nous avons lancé une enquête qualitative auprès de femmes artistes de cultures musulmanes en Fédération Wallonie- Bruxelles,  dans le but de déconstruire les préjugés et de faire voir des identités (de femmes) positives et créatrices du bien-commun.

Pour faire face aux essentialisations malheureuses, les initiatives privées sont nombreuses. Et, dans ce contexte de luttes et afin de déconstruire les idées reçues,  Sorocity : cocréations et voix de femmes artistes face à l’invisibilisation offrira en mode continu aux publics des témoignages de femmes artistes et leurs œuvres artistiques inédites pour dévoiler la diversité et la créativité de ces femmes qui ont eu l’idée de rassembler autour d’elles, au cœur de ce projet, un maximum de Sœurs de toutes confessions et de toutes cultures dans un Espace Artistique Expérimental à Ixelles, rue Mercelis 81.

Le thème :

La Sororité en rhizome dans la ville aujourd’hui, une résistance face aux replis identitaires, tel est le thème de l’initiative de l’Asbl qui entend avec son projet « Sorocity » accompagner la demande qui lui a été adressée de la part de femmes artistes de cultures musulmanes, lors de la table ronde du 24 juin 2021, d’inviter à de vraies rencontres multiculturelles et multiconfessionnelles à partir d’une ou de plusieurs monstrations artistiques d’œuvres et de témoignages audiovisuels. Ne soyez pas un ni multiple, soyez des multiplicités ! Faites la ligne et jamais le point ! Le rhizome est une célébration de la pensée en réseau, il est transversal, tentaculaire et nomade, contrairement à la racine, unique et sédentaire, nous dit le philosophe Gilles Deleuze. Comment le rhizome peut-il nous aider à penser le monde, nous dit Rosanna Graceffa, co-organisatrice du festival Sorocity ? Notre initiative inédite sur le territoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles propose la mise sur pied d’un lieu pérenne de rencontres et d’échanges inclusifs sur le mode d’affirmations identitaires positives pour s’éloigner de racines potentiellement excluantes pour faire place au « mouvement vers l’universel. » « Oui, je suis musulmane, ou chrétienne, ou juive, ou athée, ou autre chose encore, mais à partir de ma racine (complexe) que j’expose verbalement et artistiquement, je crée un rhizome inédit d’ouverture au dialogue et, mieux encore, je participe à la cocréation avec d’autres Sœurs. »

La table ronde du 24 juin 2021 qui fit le point sur notre enquête qualitative commencée en septembre 2020 sur les « Femmes artistes de cultures musulmanes en Fédération Wallonie-Bruxelles, objet ou non de discriminations croisées », a réuni une trentaine d’intervenants issus du monde académique, associatif et institutionnel car chez C&P, nous sommes persuadés que « c’est la convergence de ces trois mondes qui fera bouger les lignes vers un mieux vivre-ensemble ».

 

Le but de la Table Ronde : 

• Il s’agissait d’une part de marquer le lancement de l’enquête par un premier état des lieux.

• D’autre part de réfléchir ensemble à la problématique sous forme de focus groupe et de partager des réflexions, des suggestions, des observations entre acteurs de terrain.

Cette table ronde et l’exposition des œuvres des artistes présentées était un teaser du Sorocity Open Festival, festival culturel de 3 jours en présence de conteuses, poètes, slameuses, plasticiennes, photographes, autrices, réalisatrices, stylistes,…. qui ont présenté leurs dernières oeuvres et proposeront des activités participatives aux publics. Des tables rondes, des conférences sur nos enquêtes de terrain et sur nos futurs ateliers d’empowerment par l’art ont été organisées. Suite à ce festival, l’exposition multidisciplinaire qui y était visible est prolongée jusqu’au 18 juin. Une plateforme collaborative en ligne sera crée, Sorocity2.0, constituée d’échanges artistiques de femmes, de forums live, de témoignages, de formations continues et de résilience par l’art – pour lutter contre les discriminations et les invisibilisations faites aux femmes artistes de minorités culturelles. Cette plateforme s’adresse avant tout aux femmes artistes mais aussi à toutes les citoyennes (et citoyens) désireuses (désireux) de découvrir l’autre par l’art, par voie digitale et par voie présentielle dans la Maison Commune et chez quelques partenaires, en Belgique, mais aussi en Europe avec le lancement de Sorocity Europe.

                                                                                   

Résilience #2, Enquête qualitative sur les femmes- artistes de cultures musulmanes victime de discrimination croisées en Fédération Wallonie-Bruxelles

QUI ?

Cultures et Publics Asbl, plateforme de rencontres interculturelles et intergénérationelles autour de l’Art et de la Médiation culturelle.

POURQUOI?

Au travers d’une démarche inclusive, nous souhaitons contribuer à la visibilité de femmes artistes de cultures musulmanes et à la compréhension des parcours et combats de celles-ci dans leurs contextes particuliers.

QUOI ?

Dans le cadre d’une série d’enquêtes de terrain, basées sur la rencontre avec des artistes, Cultures et Publics asbl propose de leur donner librement la parole et de les entendre sur leur vécu et démarche en vue d’un rapport final destiné à être publié.
Dans une perspective de diffusion aux publics de ces témoignages, notre asbl organise des expositions, colloques et conférences avec les artistes rencontrées (si elles le désirent).

Pourquoi une enquête/analyse qualitative (1) sur les femmes artistes de “cultures musulmanes”(2)? Nous avons choisi, cette fois-ci, d’entendre le point de vue de femmes, qui issues de la culture musulmane, s’expriment par l’art et se revendique en tant qu’artiste. Incluant ou non un vécu influencé par des discriminations croisées (cfr. Intersectionnalité (3)) Pour chaque enquête, les artistes bénéficieront -si souhaité- de l’anonymat et garantissons la confidentialité des entretiens.

COMMENT ?

Par le biais d’associations relais qui soutiendraient les artistes choisies, les analystes de Cultures et Publics asbl organiseraient des rencontres/ entretient avec les artistes pour 2-3 séances. Premièrement un découverte de l’oeuvre et explication de démarche. Ensuite entretien semi-dirigé, enregistré , sur le vécu partagé par l’artiste. (Les analyses et conclusions s’effectueront par la suite, sur base des enregistrements, en les bureaux de Cultures et Publics asbl et seront supervisées par des observateurs académiques.)

Quelques repères :

  • (1) Enquête qualitative de terrain, sans hypothèse initiale, axée sur le recueil de témoignages, dont l’analyse permet une connaissance basée sur des vécus authentiques des informateurs.trices. Méthode connue sous le terme de « théorisation ancrée » (grounded theory method).
  • (2) De « culture » musulmane : concerne une personne dont l’histoire personnelle a un lien avec la culture musulmane (origines, traditions, folklore…) mais qui n’est pas nécessairement de « confession » musulmane. Il s’agit donc ici de la définition sociologique du terme.
  • (3) Intersectionnalité : (« Intersectionality ») est une notion employée en sociologie et en réflexion politique qui désigne la situation de personnes subissant simultanément plusieurs formes de stratifications, dominations ou de discriminations dans une société donnée à un moment donné.

Les discriminations les plus communément rencontrées sont celles qui touchent au :

  • genre (homme/femme/etc.) • classe/strate sociale (« riche/pauvre » ouvriers, artisans, employés, cadres, etc. )
  • race (noir/blanc) • culte (musulmane, juive) • culture • ethnie • classe, orientation sexuelle (LGBT, homo, etc.)
  • situation familiale, appartenance politique.

Le présupposé théorique de l’intersectionnalité est pertinent pour notre étude puisqu’il va nous permettre de considérer une caractéristique supplémentaire à celle d’être une femme de culture musulmane. Il va nous permettre de voir si le fait d’être artiste augmente ou non les discriminations.

 

CONCRETÈMENT ?

En phase préparatoire 

Août 2020 – Juin 2021: Les pré-enquêtes auprès des experts et du monde associatif bruxellois ont été menées.

Jeudi 24 juin 2021: Une table-ronde pour clôturer cette phase préparatoire a été organisée.

Vendredi 25 juin:  Exposition de quelques œuvres d’artistes participantes à l’enquête.

Automne-hiver 2021 : Réalisation des entretiens semi-dirigés et des focus-group auprès des artistes de culture musulmane et des associations/collectifs.

Printemps 2022 : Retranscription des entretiens enregistrés et filmés et interprétation des résultats par généralisation analytique. Réalisation et montage d’une vidéo reprenant les témoignages des artistes.

 

 

Table ronde du 24 juin 2021

 

 

 

Vernissage de l’Exposition Femmes artistes de cultures musulmanes  du 24 juin 2021

 

 

 

Making Of du Diaporama sonore et visuel Résiliences#2

 

 

 

En phase action

Juin 2022

Sorocity Open Festival – diffusion des résultats de l’enquête via des Master Classes / Tables rondes / Conférences. Synthèse des résultats de notre travail de terrain et de son impact social. Travail préparatoire d’une suite possible via de la recherche-action. Projection de la vidéo reprenant les témoignages des artistes.

À la rentrée d’automne 2022

Publication sous presse de notre rapport d’enquête augmentée de la reproduction des œuvres des artistes rencontrées.

Organisation de plusieurs expositions des réalisations artistiques des femmes répondantes à l’enquête avec nos partenaires associatifs et institutionnels

Lancement de la plateforme collaborative en ligne, Sorocity 2.0

Mise en place d’Ateliers&forums d’empowerment par l’art

Si vous souhaitez compter parmi nous pour  mener à bien cette passionnante enquête sur la diversité et sur les discriminations qui touchent les femmes artistes de cultures musulmanes en particulier ou pour toute information sur ces activités, nous vous invitons à contacter directement la responsable de cette enquête, Mme Rosanna Graceffa
(rosanna.graceffa@culturesetpublics.be // +32 494 923 938)

En charge de cette enquête chez C&P :  Rosanna Graceffa, Olivier Guilmain et France Lamboray.